premier poème
une inspiration subite m'est venue, et j'ai écrit.
Rêveur, j'allais, sans but,
sous l'ombre des cerisiers en fleurs,
laissant caresser mon visage heureux,
par des souffles chauds, hérauts de l'Italie.
Alors, je te revis,
ainsi que jadis,
lézardant, sous le soleil tamisé des saules.
Tes yeux, emplis de ma nostalgie,
se sont posés, mélancoliques,
sur la rivière,
cette rivière que nous avions tant aimée.
Tes yeux, je les ai croisés,
je les ai décryptés, et j'y ai lu,
l'enfance passée.
Elle est partie, elle s'est envolée,
l'enfance de l'eau sur nos quatre pieds,
du vent chaud d'Italie,
et de notre eldorado, tout en haut du vieux figuier.
Seules subsistes l'ombre du souvenir,
la brume de l'illusion,
et le simulacre de ta vision.
Et toi, tu m'as abandonné,
en même temps que cette enfance,
et tu m'as condamné à rester.
Tu m'as condamné à ce que,
chaque crépuscule te voit me revenir,
mâne à la pâleur ténébreuse,
de ta demeure,
le royaume des spectres

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