wieliczka
ce sont les mines de Wieliczka qui m'ont inspiré ce texte. pour les clostro, c'est pas le pied, mais sinon, c'est vraiment magnifique
Jarl courait. Dans la boue, sous la pluie, par une chaleur infernale, il avait toujours courut. Mais jamais autant. Jamais pour sa vie. Depuis presque quarante minutes, ces types le poursuivaient. Il n'aurait pas su dire combien ils étaient, ni qui ils étaient, et encore moins ce qu'ils lui voulaient. Tout ce qu'il savait, c'est que s'il s'arrêtait maintenant, tout serait loin d'être fini, le cauchemar se poursuivrait, de nouvelles horreurs commenceraient.
Jarl avait l'avantage du terrain. Il connaissait les mines de sel mieux que personne. Toutes les galeries, toutes les salles, les escaliers, les voies sans issues. C'était son terrain de jeu depuis toujours. Jamais il ne s'était perdu. Pourtant, aujourd'hui, alors que les salles se succédaient, qu'il avançait toujours plus profondément, que son cœur et ses jambes s'épuisaient, il ne reconnaissait plus rien, il se laissait guider par son instinct.
Le garçon n'en pouvait plus, les autres gagnaient inexorablement du terrain, infatigables. Il ne tarda pas à arriver dans les parties inouvertes des mines, celles où seuls quelques rares professionnels n'allaient que très peu souvent. L'endroit n'était pas sécurisé, les galeries s'étaient effondrées plus d'une fois. Les passages creusés par l'homme se faisaient de plus en plus rares, les grottes naturelles, plus fréquentes. Quelque part, de l'eau dégouttait, et résonnait à l'infini, comme un écho aux pas de Jarl, et ceux, de plus en plus proches, de ses poursuivants.
Jarl tourna la tête pour évaluer la distance qui le séparait d'eux. Il n'aurait pas dû. Il heurta une stalactite, perdit l'équilibre, s'effondra sur le sol humide. Déjà les autres étaient sur lui. Il vit alors l'instrument de sa mort, une paire de lames longues d'une vingtaine de centimètres, et dont les fonctions ne faisait aucun doute : déchiqueter, éventrer, charcuter, lacérer, mettre en pièces, sectionner, taillader,…
Ce n'est qu'une fois mort qu'un détail lui revint : les varans géants qui se baladaient dans les mines de sel n'étaient pas censés exister.

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